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Abricotier

Des abricots, dont un coupé en deux : le noyau est encore en place dans la chair, et l’autre moitié en garde l’empreinte. (Photo Manuel Ferreira.)
Des abricots, dont un coupé en deux : le noyau est encore en place dans la chair, et l’autre moitié en garde l’empreinte. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

L’abricotier nous semble un arbre fruitier à part. En réalité il appartient au genre Prunus, qui rassemble aussi le cerisier, l’amandier, le pêcher, le prunier - et plusieurs espèces toxiques.

La vraie définition botanique

Que dire sur l’abricotier ?

Selon le Petit Robert, édition 2013 , celui-ci "est un arbre fruitier (Rosacées), à fleurs blanches paraissant avant les feuilles, qui produit l’abricot".

Pour être plus précis, il faudrait indiquer que son nom scientifique d’espèce, Prunus armeniaca, nous signale qu’il appartient au même genre que le cerisier (Prunus cerasus), le laurier-cerise (Prunus lauro-cerasus), l’amandier (Prunus dulcis), le pêcher (Prunus persica), le prunier (Prunus domestica), etc.

Plus de 300 espèces sont en fait référencées sous ce nom de genre, beaucoup d’arbres fruitiers, d’arbres ornementaux, plusieurs toxiques. Des cousins de l’abricotier, en quelque sorte.

Tous appartiennent à la même famille nombreuse des Rosaceaes.

Nombreuse ? Cette famille, en plus du genre Prunus, comprend plus de 100 genres, parmi lesquels nous pouvons trouver, par exemple :

Rosa, Fragaria, Rubus, Cydonia, Geum, Agrimonia, Fragaria, Filipendula, etc. Des genres très différents.

Les types de fruits rencontrés dans la famille des Rosacées sont :

les fruits à noyau (ou drupe), les drupéoles (ensembles de petites drupes), les akènes, les folicules et enfin les faux fruits appelés piridions.

Pour en revenir à l’abricotier, son fruit, l’abricot, est un fruit à noyau (Drupe) avec une partie interne charnue et sucrée.

Mais d’où vient ce noyau ?

Pommier en fleurs dans un jardin
Un cousin dans la vaste famille des Rosacées : le pommier (Malus). (Photo SeppVei, domaine public.)
Amandier en fleurs blanches et roses
Un proche parent, du même genre Prunus que l’abricotier : l’amandier (Prunus dulcis) en fleurs. (Photo Davidbena, CC BY-SA 4.0.)
Rosier grimpant couvert de fleurs roses
Et la plante qui donne son nom à la famille : le rosier (Rosa). (Photo Manuel Ferreira.)

Pour aller plus loin.

D’où vient ce noyau, donc ? Il n’est pas la graine, et c’est tout l’intérêt de la question. Il est la paroi interne du fruit lui-même, l’endocarpe, qui au lieu de rester tendre s’est chargée de lignine et durcie en coque. Le fruit à noyau, ou drupe, se définit exactement par là : une peau, une chair, puis une couche lignifiée qui enferme la graine. Cassez le noyau, l’amande que vous trouverez à l’intérieur, elle, est la graine. C’est ce qui distingue une drupe d’une baie, où rien ne se lignifie et où l’on recrache la graine nue (voir Datte, Baie).

Et cette amande d’abricot mérite un avertissement. Comme celle de l’amandier amer, son cousin (voir Amandier), elle contient un composé qui libère de l’acide cyanhydrique lorsqu’il est broyé et mis en contact avec une enzyme voisine. Les « amandes d’abricot » vendues comme aliment santé ont provoqué de vraies intoxications, et les agences sanitaires européennes ont dû fixer des recommandations tenant en quelques graines par jour pour un adulte. Le noyau n’est pas un bonus du fruit : c’est une réserve que la plante a pris soin de rendre immangeable.

Un mot enfin sur son nom. Prunus armeniaca dit « le prunier d’Arménie », et c’est une erreur restée gravée dans la nomenclature. L’abricotier ne vient pas d’Arménie mais de Chine, où il est cultivé depuis des millénaires ; il n’a fait que transiter par l’Asie occidentale avant d’atteindre la Méditerranée, et les Romains, qui l’ont reçu de là, ont cru en avoir trouvé la patrie. Le nom scientifique, censé fixer les choses, transporte ici un contresens vieux de deux mille ans.

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