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Ne plus se planter
B
Notion

Bois

Une coupe de tronc de cerisier montrant les cernes concentriques : le bois, un tissu conducteur qui s’accumule chaque année. (Photo Manuel Ferreira.)
Une coupe de tronc de cerisier montrant les cernes concentriques : le bois, un tissu conducteur qui s’accumule chaque année. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

Le bois, c’est le matériau mort qu’on brûle ou qu’on scie. En botanique, c’est d’abord un tissu vivant de l’arbre, qui conduit la sève : le xylème.

La vraie définition botanique

Le "bois" ne se résume pas à un simple tronc d’arbre mort, qu’il ait été abattu par la foudre ou par la main de l’homme.

Le bois n’est pas qu’une "petite forêt", pas qu’un matériau pour la construction ou pour la cheminée.

C’est d’abord et avant tout "un tissu conducteur formé par des vaisseaux imprégnés de lignine transportant la sève brute"* ou minérale (provenant de l’appareil racinaire), appelé encore xylème secondaire.

Mais plus précisément, le bois est constitué de l’aubier (bois périphérique), constitué de cellules vivantes, et du duramen (bois de coeur), plus au centre et constitué de cellules mortes. Au cours de la vie de l’arbre, l’ancien aubier finira par devenir duramen et un nouvel aubier se formera.

Plus vers l’extérieur, le cambium, méristème secondaire, histogène, permet la formation, vers la partie interne des vaisseaux conducteurs de sève brute, ou xylème secondaire, et vers sa partie externe, des vaisseaux conducteurs de sève élaborée ou organique, le phloème secondaire. C’est grâce à ce tissu méristématique que le tronc de l’arbre pourra croître en diamètre.

Finalement, ce que l’on appelle "bois" dans la vie courante est bien plus complexe qu’il n’y paraît. C’est une grande partie du corps de cet être vivant que l’on appelle l’arbre..

* Dictionnaire illustré de botanique de Alain Jouy, éditions biotope.

Source : Bois, Wikipédia.

Grand arbre dans un parc
L’arbre doit sa hauteur et sa solidité à son bois : un tissu vivant qui conduit la sève brute et s’épaissit année après année. (Photo Manuel Ferreira.)
Schéma d’une coupe de tronc : liège, liber, cambium, aubier, duramen, cernes
En coupe : le bois, c’est l’aubier et le duramen (le cœur), formés par le cambium. Chaque anneau est un cerne de croissance. (Schéma Salsero35, CC BY-SA 4.0.)

Pour aller plus loin.

De quoi ce bois est-il fait ? La réponse paraît évidente - de terre, aspirée par les racines - et elle est fausse. La démonstration date du XVIIe siècle et reste l’une des plus élégantes de l’histoire des sciences. Jan Baptist Van Helmont plante un jeune saule dans un pot de terre pesée, ne lui donne que de l’eau, et attend cinq ans. L’arbre a pris plusieurs dizaines de kilos ; la terre du pot, elle, n’a pratiquement pas maigri. Van Helmont en conclut que tout venait de l’eau. Il se trompait aussi, mais il avait éliminé la bonne hypothèse.

La vraie réponse tiendra deux siècles plus tard : l’essentiel de la masse d’un arbre vient de l’air. Le carbone du bois est celui du dioxyde de carbone capté par les feuilles, assemblé grâce à l’énergie lumineuse (voir Chlorophylle). Une poutre de chêne est, pour l’essentiel, de l’atmosphère solidifiée. Le sol ne fournit que l’eau et quelques minéraux - ce qui explique qu’une forêt puisse prospérer sur un sol pauvre.

Une dernière conséquence de la distinction entre aubier et duramen : puisque le cœur de l’arbre est fait de cellules mortes, un arbre creux vit très bien. Les vieux saules, les vieux châtaigniers évidés par un champignon continuent de pousser et de fructifier, car la sève brute ne circule que dans la couronne périphérique. Ce que l’on prend pour un arbre agonisant n’est souvent qu’un arbre qui a perdu son bois mort.

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