Capsule

Ce que l’on croit souvent
Une capsule, on pense au médicament ou au bouchon de bouteille. En botanique, c’est un type de fruit sec qui s’ouvre à maturité pour libérer ses graines (le marron, le pavot).
La vraie définition botanique
En botanique, une capsule est, notamment, un type de fruit.
Schématiquement, nous pouvons regrouper les fruits, en fruits secs et en fruits charnus. Parmi les fruits secs, nous pouvons encore regrouper ceux-ci en fruits secs déhiscents (c’est-à-dire qui s’ouvrent à maturité) et fruits secs indéhiscents qui ne s’ouvrent pas à maturité et devant faire appel à différentes stratégies pour pouvoir permettre à la graine de germer.
Les capsules font partie de la première catégorie et sont donc considérées, chez les plantes à fleurs vraies (ou Angiospermes ou Magnoliophytes) comme un fruit sec déhiscent formé par un ovaire (dont le développement donnera le fruit) "à carpelles soudés en une cavité unique s’ouvrant pour libérer les graines" *.
L’ensemble des carpelles correspondant au terme de pistil utilisé dans le langage courant. Le terme de gynécée étant utilisé en botanique.
Parmi les nombreuses capsules produites par les plantes à fleurs, nous pouvons trouver :
- La capsule verte entourant le marron (graine - et non fruit - non comestible) du marronnier d’Inde ;
- La capsule septicide chez la Digitale pourpre ;
- La capsule chez les Pensées comme, par exemple, Viola x wittrockiana ;
- La capsule poricide chez le coquelicot ou le pavot somnifère.
Il existe de nombreuses autres capsules comme chez la Grande Chélidoine ou portant les noms spécifiques de siliques ou silicules comme chez les Brassicacées (famille où l’on retrouve les choux, la moutarde, les radis, la Monnaie du pape, etc.).
Ce ne sont là, bien sûr que quelques exemples.
* Dictionnaire illustré de Botanique, Alain Jouy & Bruno de Foucault, Biotope Editions.

Pour aller plus loin.
Certaines capsules ne se contentent pas de s’ouvrir : elles dosent. Celle du pavot en est le modèle. À maturité, elle ne se fend pas ; elle perce, sous le rebord du disque qui la couronne, une couronne de petits pores. La capsule reste dressée au bout de sa longue tige, et les graines, minuscules, ne peuvent sortir que lorsque le vent fait osciller l’ensemble. Un coup de vent, une pincée de graines projetée à quelques mètres ; pas de vent, rien. C’est exactement le principe d’une salière - et un très bon calcul, puisque les graines ne partent que les jours où elles peuvent être emportées loin (voir Coquelicot).
À l’autre extrême, la capsule des orchidées pousse la logique du nombre jusqu’à l’absurde. Une seule capsule peut contenir des centaines de milliers de graines, parfois plus d’un million, chacune réduite à un embryon nu de quelques cellules dans une enveloppe transparente - une poussière, littéralement, que le moindre courant d’air emporte. Le prix de cette légèreté est qu’il n’y a plus de réserves : la graine ne peut germer que si elle rencontre le champignon qui la nourrira le temps qu’elle fabrique ses premières feuilles (voir Champignon). Un million de billets pour une loterie où presque tous perdent.
Et c’est une orchidée qui donne à ce chapitre sa chute.
Sur plus de vingt-cinq mille espèces d’orchidées, une seule produit un fruit que l’on mange : le vanillier (Vanilla planifolia). Nous l’appelons tous « gousse de vanille ».
Ce n’en est pas une. Une gousse est le fruit d’un seul carpelle, qui s’ouvre par deux fentes ; c’est le fruit des légumineuses, et de personne d’autre (voir Légumineuse). Le vanillier, lui, produit exactement ce dont parle cette fiche : une capsule, née de plusieurs carpelles soudés, longue de 12 à 25 centimètres, et bourrée de ces milliers de graines noires que l’on gratte à la pointe du couteau.
Reste à comprendre pourquoi l’œil se trompe si bien - et la réponse est élégante. Chez la plupart des capsules, l’ouverture se fait par trois, cinq, six fentes, ou par des pores. Chez le genre Vanilla, elle ne se fait que par deux, qui libèrent deux valves. Une capsule qui s’ouvre en deux comme un livre : c’est précisément l’allure d’une gousse.
La forme est la même, l’origine ne l’est pas. Une fois de plus, c’est l’origine qui décide (voir Fruit).
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