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Cèdre

Cèdre du Liban (Cedrus libani) aux branches horizontales étagées, sa silhouette caractéristique, dominant un paysage de campagne (Photo agnesti / Pixabay.)
Cèdre du Liban (Cedrus libani) aux branches horizontales étagées, sa silhouette caractéristique, dominant un paysage de campagne (Photo agnesti / Pixabay.)

Ce que l’on croit souvent

On appelle « cèdre » une haie persistante, le « cèdre rouge » d’un sauna, ou le « bois de cèdre » d’un crayon. Presque toujours, ce ne sont pas des cèdres, mais des thuyas ou des genévriers. Le vrai cèdre est un tout autre arbre : le genre Cedrus, de la famille des pins.

La vraie définition botanique

Prononcez « cèdre » et chacun voit un grand arbre majestueux. Pourtant, la plupart des « cèdres » qui nous entourent n’en sont pas.

Comment ça ? Ma haie de cèdre, le cèdre rouge de mon sauna, mes crayons en bois de cèdre… du toc ?

Pas du toc - mais pas des cèdres. La « haie de cèdre » est presque toujours un thuya (Thuja occidentalis). Le « cèdre rouge » des bardages et des saunas est le thuya géant (Thuja plicata). Et le « bois de cèdre » des crayons ou des coffrets vient souvent d’un genévrier (Juniperus virginiana). Tous appartiennent à la famille des Cupressacées (les cyprès).

D’où vient la confusion ? De l’anglais : les anglophones appellent cedar quantité de conifères odorants de cette famille. Le mot a voyagé, l’étiquette est restée.

Le vrai cèdre, lui, est le genre Cedrus, dans la famille des Pinacées - celle des pins et des sapins (voir Sapin). On ne compte que quatre espèces : le cèdre du Liban (Cedrus libani), de l’Atlas (Cedrus atlantica), de l’Himalaya ou déodar (Cedrus deodara) et de Chypre (Cedrus brevifolia).

Comment reconnaître le vrai ? Le Cedrus porte ses aiguilles en rosettes (petites touffes) sur de courts rameaux, et ses cônes se dressent comme des tonneaux sur les branches - rien à voir avec les écailles plates du thuya.

Cônes dressés en tonneaux d’un cèdre (Cedrus), sur les rameaux
Les cônes du cèdre se dressent comme des tonneaux sur les branches - une signature du genre Cedrus.

Donc quand j’admire un « cèdre » dans un parc…

… là, bonne nouvelle : ce sont souvent de vrais cèdres, du Liban ou de l’Atlas, ces grands seigneurs de nos parcs. Mais dès qu’on parle de haie, de bardage ou de crayon, méfiance : le « cèdre » du quotidien est presque toujours un cousin déguisé.

Source : Cèdre, Wikipédia.


Pour aller plus loin.

Le cèdre du Liban a une histoire que peu d’arbres peuvent revendiquer : il est probablement le premier dont la surexploitation soit documentée. Ses forêts ont fourni les charpentes des temples et des palais de tout le Proche-Orient antique, les navires phéniciens et égyptiens, et l’épopée de Gilgamesh en fait déjà, il y a quatre mille ans, l’enjeu d’une expédition. De ces massifs qui couvraient les montagnes, il ne subsiste que quelques bosquets protégés. L’arbre est resté au centre du drapeau libanais - un emblème national dont il ne reste presque plus d’exemplaires sauvages.

En France, les grands cèdres des parcs sont pour la plupart des cèdres de l’Atlas, plantés au XIXe siècle. Le plus célèbre est plus ancien : celui du Jardin des Plantes, à Paris, un cèdre du Liban planté par Bernard de Jussieu en 1734. La légende veut qu’il l’ait rapporté d’Angleterre dans son chapeau, ayant cassé le pot en route. C’est une belle histoire, et elle a toutes les chances d’être fausse - les archives indiquent un transport ordinaire -, mais elle a traversé trois siècles, ce qui est presque aussi long que l’arbre.

À ne pas confondre

  • Cèdre du LibanCedrus libani

    Silhouette étagée caractéristique

  • Cèdre de l'AtlasCedrus atlantica
  • ThuyaThuja occidentalis

    Souvent vendu comme cèdre pour les haies

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