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Ne plus se planter
M
Plante

Mimosa

Le « mimosa » des fleuristes en pleine floraison : c’est en réalité un acacia, couvert de pompons jaunes. (Photo Manuel Ferreira.)
Le « mimosa » des fleuristes en pleine floraison : c’est en réalité un acacia, couvert de pompons jaunes. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

Le mimosa, c’est l’arbuste aux pompons jaunes parfumés qui fleurit en hiver sur la Côte d’Azur.

La vraie définition botanique

Février, la Côte d’Azur, des branches qui croulent sous les pompons jaunes et un parfum qui porte à cent mètres : le mimosa. Le mot est si bien installé qu’on ne l’interroge plus. Il désigne pourtant une plante qui n’appartient pas au genre Mimosa.

Le mimosa des fleuristes est un acacia. Précisément Acacia dealbata, le mimosa d’hiver, originaire du sud-est de l’Australie et de Tasmanie, introduit sur la Riviera au XIXe siècle. Il s’y est si bien plu qu’il a fini par s’échapper des jardins : sur le massif du Tanneron et dans l’Estérel, il forme aujourd’hui des peuplements entiers et figure parmi les espèces envahissantes surveillées.

Feuillage bipenné et argenté d’un Acacia dealbata, fait de rangées de folioles minuscules
Le feuillage de l’Acacia dealbata : deux fois divisé, argenté, presque plumeux. C’est cette ressemblance avec le feuillage de la sensitive qui a fait glisser le mot d’un genre à l’autre. (Photo Manuel Ferreira.)

Le véritable Mimosa est un autre genre, celui de la sensitive (Mimosa pudica) : cette plante tropicale dont les feuilles se replient dès qu’on les effleure. C’est elle qui a donné son nom au genre, et le nom vient du grec mimos, le mime - une plante qui imite la réaction d’un animal. Par ressemblance des feuillages, finement découpés dans les deux cas, le mot a ensuite glissé sur l’acacia australien, où il est resté.

Feuille bipennée de Mimosa pudica déployée, formée de quatre rangées de folioles très fines
Le vrai Mimosa : la sensitive, Mimosa pudica, feuilles déployées. Quatre pennes rayonnantes, chacune faite de dizaines de folioles minuscules - et toutes se replient en quelques secondes à la moindre pression. (Photo Manuel Ferreira, Suède, 2023.)

La ressemblance n’est d’ailleurs pas fortuite : les deux plantes sont des Fabacées, la famille du haricot et du pois, dans le groupe des mimosoïdées. Ce groupe se reconnaît justement à ses fleurs en pompon. Car le pompon jaune n’est pas une fleur : c’est un capitule globuleux réunissant des dizaines de fleurs minuscules, et ce qui lui donne son aspect duveteux n’est pas fait de pétales mais d’étamines, longues et serrées par centaines (voir Capitule). D’où ce jaune poudreux qui tache les doigts.

Il reste le plus beau retournement. L’acacia d’Afrique, lui, n’est plus un Acacia. Au terme d’un débat qui a divisé les botanistes pendant des années, tranché à Vienne en 2005 puis confirmé à Melbourne en 2011, le nom Acacia a été conservé pour les espèces australiennes, de très loin les plus nombreuses. Les acacias parasols de la savane sont donc devenus des Vachellia et des Senegalia. Autrement dit : le mimosa est bel et bien un acacia, tandis que l’acacia de la savane n’en est plus un. Et l’« acacia » de nos allées, celui du miel, n’en a jamais été un : c’est le robinier faux-acacia (voir Acacia).


Pour aller plus loin.

Comment la sensitive se replie-t-elle ? Sans muscle et sans nerf, mais en quelques secondes. À la base de chaque foliole se trouve un petit renflement, le pulvinus. Au contact, ses cellules laissent brutalement fuir leurs ions potassium ; l’eau suit par osmose, les cellules se dégonflent, perdent leur rigidité, et la foliole retombe comme un volet. Le mouvement se propage de proche en proche, gagnant des folioles que rien n’a touchées, porté par un signal électrique et par une onde de pression dans les vaisseaux. Une vingtaine de minutes plus tard, les cellules ont repompé leur eau et la feuille est rouverte.

À quoi cela sert-il ? Probablement à deux choses à la fois : décourager un herbivore, en offrant soudain une silhouette flétrie et hérissée d’aiguillons là où il y avait un feuillage tendre, et faire tomber les insectes installés dessus. C’est aussi l’une des plantes les plus étudiées par ceux qui s’interrogent sur ce que « percevoir » veut dire chez un végétal, faute de tout système nerveux (voir Cerveau).

À ne pas confondre

  • Mimosa des fleuristesAcacia dealbata

    Un acacia, pompons jaunes

  • SensitiveMimosa pudica

    Le vrai mimosa, feuilles sensibles

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