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Acacia

Mimosa des fleuristes (Acacia dealbata) en pleine floraison, branches croulant sous les pompons jaunes. (Photo Manuel Ferreira.)
Mimosa des fleuristes (Acacia dealbata) en pleine floraison, branches croulant sous les pompons jaunes. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

L’arbre de nos rues aux grappes de fleurs blanches, qu’on appelle acacia, n’en est pas un : c’est le robinier faux-acacia. Et le mimosa, lui, est un vrai acacia.

La vraie définition botanique

En consultant le Petit Robert 2013, à la rubrique ACACIA, les deux définitions suivantes sont indiquées :

"1)Arbre à feuilles divisées en folioles, à fleurs jaunes, dont certaines espèces produisent la gomme arabique. Le mimosa est un acacia.

"2)Arbre à feuilles composées (papilionnacées), à fleurs blanches ou jaunes en grappe, appelé scientifiquement robinier ou faux-acacia".

Qu’y-a-t-il d’exact dans tout ceci ?

Suivant les sources consultées*, le genre Acacia compte plus de 1000 ou 1500 espèces et fait partie de la famille des Fabaceae (classification phylogénétique) et sous-famille des Mimosoideae. Celles-ci sont souvent rencontrées dans des régions tropicales.

Le mimosa est-il un acacia ?

Il est important de préciser que le genre Mimosa existe et ne correspond pas à ce que nous avons tendance à nommer couramment "mimosa".

Le "mimosa des fleuristes" n’appartient pas à ce genre. Sa véritable identité, à ce jour, est Acacia dealbata, ce qui implique qu’il n’y a aucune raison de l’appeler"mimosa".

Quant au "mimosa des quatre saisons ou mimosa d’été", là encore, nous avons affaire à un acacia (Acacia retinodes). Ces derniers font donc partie des mille espèces composant le genre Acacia.

Le genre Mimosa comprend plus de 400 espèces parmi lesquelles nous retrouvons la "sensitive" ou Mimosa pudica.

Le robinier faux-acacia, parfois appelé dans le langage courant par le terme d’"acacia" n’est, quant-à-lui, pas un acacia et appartient au genre Robinia. Ce genre appartient, d’ailleurs, à une sous-famille différente des deux genres précédents, les Faboidaeae. L’arbre rencontré communément dans nos espaces, Robinia pseudoacacia, originaire d’Amérique du nord participe à cette confusion du langage.

Finalement, le mimosa n’est pas du mimosa, l’acacia n’est pas un acacia... N’allons-nous  pas finir par y perdre notre latin ?

* "Botanique systématique et appliquée des plantes à fleurs" de Michel Botineau aux éditions Lavoisier.

* "Botanique systématique des plantes à fleurs- Une approche phylogénétique des Angiospermes des régions tempérées et tropicales". par Rodolph-Edouard Spichiger aux éditions des Presses Polytechniques et Universitaires Romandes.

Feuillage penné du robinier faux-acacia à folioles ovales
Le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) : malgré son nom, ce n’est pas un acacia. Ses feuilles, à folioles ovales et divisées une seule fois, le distinguent du vrai acacia (le mimosa) au feuillage plumeux divisé deux fois. (Photo Manuel Ferreira.)
Mimosa pudica, la sensitive, aux feuilles bipennées et fleur rose
Et encore un autre « mimosa » : la sensitive (Mimosa pudica), celle qui replie ses feuilles au toucher - une espèce bien distincte du mimosa des fleuristes. (Photo Manuel Ferreira.)

Pour aller plus loin.

Puisque le robinier occupe nos rues sous un nom d’emprunt, disons ce qu’il est vraiment, car il réserve deux surprises.

La première est alimentaire, et elle demande de la prudence. Le fameux « miel d’acacia », clair et liquide, est un miel de robinier - le mot suit l’arbre jusque dans le bocal. Ses grappes de fleurs blanches se mangent d’ailleurs en beignets, et c’est un usage ancien et sûr. En revanche, le reste de l’arbre est toxique : l’écorce, les jeunes pousses, les feuilles et surtout les graines contiennent des composés qui provoquent des troubles digestifs sérieux. Les chevaux, qui écorcent volontiers les jeunes troncs, en sont les victimes les plus fréquentes. Un arbre dont on mange les fleurs et rien d’autre.

La seconde est écologique. Le robinier est une Fabacée : comme le pois ou le trèfle, il héberge dans ses racines des bactéries qui fixent l’azote de l’air et enrichissent le sol. Cette autonomie lui permet de s’installer sur des terrains pauvres où presque rien ne pousse - talus, remblais, friches, terrils - qu’il colonise vite en drageonnant. C’est ce qui en fait à la fois un excellent arbre de reconquête des sols dégradés et l’une des espèces exotiques les plus envahissantes d’Europe, notamment sur les pelouses sèches, milieux rares dont l’azote qu’il apporte banalise la flore. Son bois, très dur et naturellement imputrescible, fournit sans aucun traitement les piquets de vigne et de clôture. Quant à son nom, il vient de Jean Robin, jardinier d’Henri IV, à qui l’on doit son introduction en France au tout début du XVIIe siècle ; un robinier planté dans ces années-là est toujours debout à Paris, square Viviani, et compte parmi les plus vieux arbres de la ville.

À ne pas confondre

  • Robinier faux-acaciaRobinia pseudoacacia

    L'arbre des villes aux grappes blanches

  • MimosaAcacia dealbata

    Un vrai acacia, fleurs jaunes

  • Acacias des savanesVachellia / Senegalia spp.

    Les acacias africains à épines

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