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Organe

Capitule

Capitule radié d’une aunée (Inula helenium) : une couronne de fleurons ligulés jaunes autour d’un cœur de fleurons tubulés dorés - une « fleur » qui est un bouquet de fleurs. (Photo Manuel Ferreira.)
Capitule radié d’une aunée (Inula helenium) : une couronne de fleurons ligulés jaunes autour d’un cœur de fleurons tubulés dorés - une « fleur » qui est un bouquet de fleurs. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

Le Petit Robert dit que le capitule « forme une seule fleur ». C’est l’inverse : il rassemble une foule de petites fleurs serrées qui, ensemble, imitent une fleur unique.

La vraie définition botanique

"Inflorescence dans laquelle les fleurs sont insérées les unes à côté des autres sur l’extrémité du pédoncule élargie en réceptacle, formant une seule fleur au sens courant du mot"*.

Cette définition que l’on peut trouver dans le Petit Robert de 2013 commence bien mais, malheureusement, dérive en fin de définition pour semer le doute entre le terme scientifique et le langage vernaculaire.

Doit-on, parce que le langage courant dit "bleu", continuer à dire "bleu" de quelque chose qui est en réalité "blanc" ?

Regardons-y de plus près. La définition donnée emploie le terme exact, scientifiquement, d’"inflorescence". Comment le Petit Robert de 2013 définissait-il l’"inflorescence" ?

"Mode de groupement de fleurs sur la tige d’une plante"*. Donc, en suivant cette définition, nous pouvons dire qu’une inflorescence est un groupement de plusieurs fleurs. L’inflorescence ne peut être résumée à "une seule fleur".

Le capitule est une inflorescence d’un type particulier, un regroupement de plusieurs fleurs organisées d’une certaine manière.

Nous ne pouvons donc parler d’un capitule comme d’une seule fleur. Une "fleur" de marguerite ne se résume pas à une seule fleur, mais à des centaines dont l’ensemble est appelé inflorescence qui dans ce dernier cas porte le nom de capitule.

Le capitule est une inflorescence "formée de fleurs sessiles (sans pédoncules) serrées sur un réceptacle unique élargi en disque"**.

Le capitule est présent sous différentes dispositions, notamment, dans la famille des Astéracées (Composées). Chacune des petites fleurs, constituant un capitule, porte le nom de "fleurons". Nous y trouvons, par exemple, des fleurons dits "ligulés" chez des plantes comme le pissenlit, la chicorée, etc.

Des fleurons "tubulés" existent, par exemple chez l’artichaut. Pour ce qui est de plantes, comme la marguerite ou le tournesol, l’inflorescence sera constituée de fleurons "tubulés" au centre et fleurons "ligulés" à la périphérie. Nous entendons parler alors d’inflorescences de type "radié".

Chaque fleuron est une petite fleur à part entière avec ses étamines (androcée) et son pistil ou carpelles (gynécée). Ces fleurons possèdent également des pétales soudés entre eux (par exemple : bleus pour la chicorée ou jaune pour le pissenlit, entre le bleu et le violet pour l’artichaut et des fleurons tubulés jaunes et fleurons ligulés blancs chez la marguerite ).

* Le Petit Robert, 2013.

** Dictionnaire illustré de botanique, Biotope éditions 2019.

Capitule de laitue vivace (Lactuca perennis) : une couronne de fleurons ligulés lilas, chacun terminé par cinq petites dents
Capitule liguliflore d’une laitue vivace (Lactuca perennis) : ici, tous les fleurons sont ligulés. Chaque « pétale » lilas, denté au bout, est une fleur complète. (Photo Manuel Ferreira.)
Capitule de chardon : un pinceau de fleurons tubulés violets, sans aucun fleuron ligulé en périphérie
Capitule tubuliflore d’un chardon (Astéracée, comme l’artichaut) : à l’inverse, tous les fleurons sont tubulés, sans couronne de ligules. (Photo Manuel Ferreira.)

Pour aller plus loin.

Le capitule le plus démonstratif est celui du tournesol, et il faut le regarder de près. Ses fleurons - jusqu’à deux mille sur un seul disque - ne sont pas disposés en rangées mais en spirales qui s’enroulent dans les deux sens. Comptez-les : vous en trouverez, selon la taille, 34 dans un sens et 55 dans l’autre, ou 55 et 89, ou 89 et 144. Ce sont des termes consécutifs de la suite de Fibonacci, et ce n’est pas une coïncidence mystique. Chaque nouveau fleuron apparaît décalé du précédent d’un angle constant, voisin de 137,5 degrés, et cet angle-là est le seul qui ne ramène jamais deux fleurons sur un même rayon. Le résultat est l’empilement le plus dense possible sur un disque : aucune place perdue, aucun fleuron à l’ombre d’un autre. La géométrie découle de la règle de croissance, pas d’un plan.

Et puisque nous y sommes : le tournesol adulte ne suit pas le soleil. Le bourgeon et la jeune tige le font, oscillant d’est en ouest puis revenant la nuit. Mais dès que le capitule s’ouvre, ce mouvement cesse et la fleur se fige, tournée vers l’est. Un champ de tournesols en fleur regarde donc tous dans la même direction, immobile - ce qui, incidemment, réchauffe le capitule au soleil du matin et le rend plus attractif pour les pollinisateurs. Le nom dit un mouvement que la plante a cessé d’accomplir précisément au moment où on la remarque.

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