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Ne plus se planter
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Organe

Aiguillon

Aiguillons sur une tige de rosier : des piquants larges et recourbés, d’origine épidermique, qui se détachent en ne laissant qu’une cicatrice. (Photo Manuel Ferreira.)
Aiguillons sur une tige de rosier : des piquants larges et recourbés, d’origine épidermique, qui se détachent en ne laissant qu’une cicatrice. (Photo Manuel Ferreira.)

Ce que l’on croit souvent

On appelle « épines » les piquants de la tige du rosier. Ce sont en fait des aiguillons - de simples excroissances superficielles, alors que la vraie épine est plus profondément rattachée à la plante.

La vraie définition botanique

Pourquoi cet article sur les aiguillons ? Quid ?

Quel lien avec les plantes ? Avec quelles plantes ? A quel organe de la plante est-il rattaché ?

Mais qu’est-ce donc qu’un aiguillon si l’on ne parle pas ici du "dard effilé et rétractile de certains hyménoptères comme les guêpes ou les abeilles"* ?

C’est une excroissance de tige, "un piquant d’origine épidermique pouvant tomber en ne laissant qu’une légère cicatrice ; un poil lignifié"**.

C’est une épine alors ?

L’épine est plus en lien avec une feuille. "Pointe dure et aiguë de section circulaire, faisant parfois corps avec la tige ; origine : stipule, rameau ou limbe foliaire"**.

Un stipule ?  Souvent par deux, les stipules sont situés à la base d’une feuille. Ils peuvent prendre différents aspects. C’est un "appendice foliacé situé à la base des folioles en forme de languettes, d’écailles ou d’épines"**, comme dans le cas du Robinier faux-accacia.

Pour résumer :

  • Sur les tiges de rosiers, d’églantiers, de ronces,  nous avons des aiguillons et non des épines.
  • Sur les Cactus ou d’autres espèces comme l’Epine vinette ou l’Euphorbe vireuse, par exemple, les épines sont bien présentes.

* "Le Petit Robert", 2013.

** "Dictionnaire illustré de botanique" d’Alain Jouy et Bruno de Foucault, aux éditions Biotope, 2019.

Deux épines stipulaires à la base d’une feuille sur un rameau vert de robinier faux-acacia
À l’inverse, une vraie épine : chez le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), les deux piquants à la base de la feuille sont des stipules transformées, solidaires de la tige. (Photo Kenraiz, CC BY-SA 3.0.)
Gros plan des épines et glochides d’un cactus Opuntia, issues de feuilles transformées
Autre épine d’origine foliaire : chez les cactus (ici un Opuntia), épines et petits glochides barbelés dérivent de feuilles transformées, rien à voir avec l’aiguillon épidermique du rosier. (Photo Rosser1954, CC BY-SA 4.0.)

Pour aller plus loin.

Il existe un critère de terrain plus simple que la coupe anatomique, et il tient à la position. Une épine véritable dérive d’un organe qui a une place fixe sur la tige : un rameau, une feuille, une stipule. On la trouve donc toujours au même endroit, à l’aisselle d’une feuille ou par paire à sa base. L’aiguillon, lui, n’est qu’une production de l’épiderme : il naît n’importe où, y compris sur les pétioles, les nervures et jusque sur les sépales du bouton de rose. Un piquant qui pousse au hasard n’est pas une épine.

Et ces piquants ne servent pas seulement à décourager les herbivores. Regardez un aiguillon de ronce ou de rosier grimpant : il est recourbé vers le bas, comme un hameçon. Ce n’est pas une arme, c’est un grappin. Ces plantes n’ont ni vrilles ni tiges volubiles ; elles montent en s’accrochant. Une tige de ronce lancée dans un buisson y prend appui par ses crochets et se hisse de proche en proche, jusqu’à plusieurs mètres. Ce qui explique aussi pourquoi une ronce se retire si mal d’un vêtement : elle est faite pour ne pas glisser en arrière.

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