Bractée

Ce que l’on croit souvent
On confond la bractée avec une feuille ou un pétale. C’est une feuille modifiée, souvent colorée, placée à la base d’une fleur - comme le « rouge » du poinsettia.
La vraie définition botanique
Selon le Petit Robert, une bractée serait "une feuille souvent colorée à la base de laquelle se développe la fleur ou l’inflorescence ".*
Le dictionnaire illustré de botanique apporte un certain nombre de nuances à cette définition. Une bractée est "une feuille modifiée insérée à la base d’un pédicelle floral, d’un pédoncule d’inflorescence ou d’une de ses ramifications".**
Feuille, presque feuille ou pas feuille, finalement une bractée ?
Sans rentrer dans les détails (en tout cas, pas pour l’instant), si je me réfère à mon cours de botanique, une feuille est un organe de la plante qui peut être simple ou composée et à l’aisselle de laquelle nous trouvons toujours un bourgeon.
Il n’y a pas de bourgeon présent à l’aisselle d’une bractée, donc, à priori, celle-ci ne peut être considérée comme une feuille. C’est donc une feuille modifiée, comme le sont, dans ce cas les épines des cactus ou celles des robiniers faux-acacia. Ces dernières font partie des éléments foliaires appelés stipules, qui se présentent par paire et sont souvent à la base du pétiole reliant le limbe de la feuille à la tige de la plante. Il n’y a pas de bourgeon à l’aisselle des stipules.
Que de vocabulaire ! J’y perds mon latin !
Mais revenons à nos bractées, intermédiaires entre des fleurs ou pétales de fleurs et des feuilles. Elles peuvent ressembler aux unes ou aux autres et n’être ni l’une ni l’autre.Elles peuvent être vertes ou d’autres couleurs.
Les bractées sont toujours à la base de l’élément floral. Elles peuvent être solitaires (exemple des spathes de certains arums), par paire ou en nombre plus important (exemple chez les artichauts).
* Le Petit Robert, 2013.
** Dictionnaire illustré de botanique, Alain Jouy, Biotope éditions.


Pour aller plus loin.
Le plus bel usage d’une bractée n’est pas d’attirer, mais de voler. Regardez tomber une graine de tilleul : elle descend en tournoyant, suspendue à une languette allongée d’un vert pâle. Cette languette est une bractée - soudée sur une partie de sa longueur au pédoncule de l’inflorescence, elle sert d’aile à tout le groupe de fruits et les emporte à distance de l’arbre. Une feuille modifiée devenue voilure.
D’autres bractées trompent l’œil au point qu’on ne voit qu’elles. Chez le cornouiller à fleurs, ce que tout le monde prend pour quatre grands pétales blancs sont quatre bractées, et les vraies fleurs forment le petit bouton verdâtre au centre. Chez l’edelweiss, l’étoile blanche et feutrée n’est pas une fleur mais une couronne de bractées laineuses, disposées autour d’un groupe de capitules jaunâtres minuscules - la célébrité d’une plante entière tient à ses feuilles déguisées. Et le « rouge » du poinsettia, l’étoile de Noël, obéit exactement au même principe (voir Bougainvillea).
À chaque fois, la logique est la même : la fleur véritable coûte cher à fabriquer et n’a pas besoin d’être grande pour fonctionner. Il est plus économique de colorer ou d’élargir une feuille voisine, qui existe déjà, que d’agrandir la fleur elle-même.
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