Rose trémière

Ce que l’on croit souvent
La rose trémière est une sorte de rose, une vieille plante de nos villages méditerranéens, qui revient chaque année.
La vraie définition botanique
Pourquoi un article sur la rose trémière ? Parce que son nom trompe deux fois. Il dit « rose », et l’on imagine une cousine du rosier. Il dit « trémière », et l’on cherche ce qui tremble.
La rose trémière n’est pas une rose : c’est une Malvacée, cousine de la mauve et de l’hibiscus. Et cette fleur de nos villages n’est connue nulle part à l’état sauvage.
Pas une rose.
Les dictionnaires actuels ne s’y trompent pas : l’Académie française comme le Larousse la classent parmi les Malvacées. Son nom scientifique est Alcea rosea ; on l’a longtemps appelée aussi Althaea rosea, du même genre que la guimauve, Althaea officinalis. Avec la rose, elle n’a rien de commun : le rosier appartient à la famille des Rosacées et à l’ordre des Rosales, la rose trémière à la famille des Malvacées et à l’ordre des Malvales, selon les référentiels botaniques. Son nom de « rose » ne tient qu’à l’allure de sa fleur, qui « a quelque ressemblance avec la rose », écrivait déjà l’Académie dans les années 1930.
Il suffit de regarder le cœur de la fleur pour la reconnaître : ses étamines sont soudées en une colonne, la même que chez la mauve, la guimauve et l’hibiscus (voir Étamine, Guimauve et Hibiscus).

Ni trembler, ni tout à fait outre-mer.
Et « trémière » ? Le mot n’a rien à voir avec « trembler » : Littré le notait déjà, au XIXe siècle, la plante « n’a rien qui tremble ». Selon l’histoire du mot donnée par le Trésor de la langue française, « rose trémière », attesté en 1581, serait une déformation de « rose d’outremer », que l’on trouve vers 1500. Mais cette explication a été contestée dès le XIXe siècle : Littré, dans le supplément de son dictionnaire, la jugeait « pas fondée », car un catalogue du Jardin du roi, publié en 1665, parlait d’une « rose d’outremer ou de Tremier », comme d’un nom propre. L’origine du mot reste donc incertaine.
Une fleur sans patrie sauvage.
On la croit volontiers méditerranéenne, et un ouvrage de 1960, cité par le Trésor de la langue française, la disait « originaire du bassin méditerranéen oriental ». Les flores récentes disent autre chose. Selon la Flora of China, la rose trémière est probablement née dans les provinces du sud-ouest de la Chine, elle est cultivée en Europe depuis au moins le XVe siècle, et surtout, on ne la connaît à l’état réellement sauvage nulle part au monde. La Flora of North America dit la même chose. TAXREF, la référence nationale du Muséum, la range parmi les plantes introduites en France.

Deux ans pour fleurir.
Enfin, la rose trémière n’est pas une plante vivace. La Flora of China la décrit comme une herbe bisannuelle, qui peut atteindre 2 à 3 mètres : elle accomplit sa vie en deux ans, ne fleurissant que la seconde année.
Pour résumer :
- La rose trémière n’est pas une rose : c’est une Malvacée, cousine de la mauve, de la guimauve et de l’hibiscus.
- « Trémière » n’a rien à voir avec trembler ; l’origine du mot, peut-être « rose d’outremer », reste discutée.
- Elle viendrait probablement de Chine, et on ne la connaît nulle part à l’état sauvage.
- Elle est bisannuelle : elle vit deux ans et ne fleurit que la seconde année.
À ne pas confondre
- Rose trémièreAlcea rosea
Une Malvacée, de la famille de la mauve, de la guimauve et de l’hibiscus
- RosierRosa
La vraie rose. Une Rosacée, d’un autre ordre de plantes
- GuimauveAlthaea officinalis
Sa proche cousine, avec qui elle a longtemps partagé un nom de genre (voir Guimauve)
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