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Camomille

Deux camomilles de genres différents : camomille romaine (Chamaemelum nobile) à gauche, camomille allemande ou matricaire (Matricaria chamomilla) à droite - capitules et feuillage visibles (Photo H. Zell, CC BY-SA 3.0.)
Deux camomilles de genres différents : camomille romaine (Chamaemelum nobile) à gauche, camomille allemande ou matricaire (Matricaria chamomilla) à droite - capitules et feuillage visibles (Photo H. Zell, CC BY-SA 3.0.)

Ce que l’on croit souvent

Pour beaucoup, la camomille est une tisane - et une seule plante ; le Petit Robert lui-même n’en cite qu’une. Pourtant, ce nom recouvre plusieurs plantes de genres différents, toutes cousines (des Astéracées) mais bien distinctes.

La vraie définition botanique

Pour beaucoup, « camomille » évoque une chose : une tisane, le soir. Et une seule plante - le Petit Robert lui-même n’en connaît qu’une. Pourtant, en botanique, « camomille » n’est pas une plante : c’est tout un petit groupe de plantes qui se ressemblent.

Comment ça ? Une camomille, c’est une camomille, non ?

Pas tout à fait. Sous ce nom se cachent plusieurs espèces, de genres différents, toutes de la famille des Astéracées (les composées) - de petites « fleurs » blanches à cœur jaune qui, comme la pâquerette ou le pissenlit, sont en réalité des capitules : des bouquets de minuscules fleurs.

Les deux camomilles de nos tisanes ne sont déjà pas la même plante :

  • la camomille romaine - Chamaemelum nobile (anciennement Anthemis nobilis, ou Ormenis nobilis) ;
  • la camomille allemande, ou matricaire - Matricaria chamomilla (longtemps nommée Matricaria recutita), la plus courante dans le commerce.

Deux genres distincts - Chamaemelum et Matricaria - pour une même tasse. Leurs noms eux-mêmes ont changé au fil des révisions : preuve que la botanique, elle, y regarde de près.

Et ce n’est pas fini. La grande camomille (Tanacetum parthenium, ou partenelle) est encore un autre genre, employée contre les migraines - pas pour la tisane du soir. La camomille des teinturiers (Cota tinctoria) est jaune et sert à teindre. Sans compter les camomilles sauvages des chemins (divers Anthemis…).

Grande camomille (Tanacetum parthenium), ou partenelle : fleurs à ligules courtes et feuillage large et lobé, façon chrysanthème
La grande camomille (Tanacetum parthenium, ou partenelle) : encore un autre genre. Ses fleurs à ligules courtes, mais surtout son feuillage large et lobé (façon chrysanthème), la distinguent d’emblée des camomilles à tisane, aux feuilles filiformes.

Alors laquelle est la « vraie » ?

Aucune, et toutes. « Camomille » n’est pas un nom botanique, mais un nom d’usage, qui voyage d’un pays et d’une plante à l’autre. Ce qu’on met dans sa tasse dépend d’où l’on vit et de ce qu’on achète.

Retenez-le : derrière « camomille », il y a au moins quatre genres d’Astéracées (Chamaemelum, Matricaria, Tanacetum, Anthemis/Cota). Cousines, oui ; identiques, non.

Source : Camomille, Wikipédia.


Pour aller plus loin.

Il existe un moyen de trancher entre les deux camomilles de tisane sans microscope ni flore : couper un capitule en deux, dans la hauteur. Chez la matricaire, la camomille allemande, le réceptacle qui porte les fleurons est creux - un petit cône vide, nettement visible à l’œil nu. Chez la camomille romaine, il est plein. Un coup de lame, et la question est réglée.

L’autre curiosité de la matricaire est une couleur qui n’existe pas dans la plante. Distillez-la, et vous obtenez une huile essentielle d’un bleu profond, presque encre - alors que la fleur est blanche et jaune, et qu’aucun organe n’est bleu. Ce bleu n’est pas extrait : il est fabriqué pendant la distillation. La plante contient une molécule incolore qui, sous l’effet de la chaleur et de la vapeur d’eau, se transforme en une autre, le chamazulène, intensément colorée. L’opération censée séparer les composants d’une plante en a donc créé un nouveau, absent de l’original (voir Chimie, Chémotype). C’est un bon rappel qu’une huile essentielle n’est pas « la plante concentrée » : c’est le produit d’une réaction.

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