Aller au contenu principal
Ne plus se planter
C
Organe

Carpelle

Une fraise et ses akènes : chacun de ces petits grains correspond à un carpelle, l’unité de base du pistil. (Photo Philip Jägenstedt, domaine public.)
Une fraise et ses akènes : chacun de ces petits grains correspond à un carpelle, l’unité de base du pistil. (Photo Philip Jägenstedt, domaine public.)

Ce que l’on croit souvent

Le Petit Robert situe les ovules « posés sur le carpelle » : c’est imprécis. Le carpelle est une pièce florale femelle, dérivée d’une feuille, qui enferme les ovules.

La vraie définition botanique

"Elément de la partie reproductrice femelle d’une fleur" * nous dit le petit Robert en donnant les précisions suivantes, dans l’édition de 2013 : "Les ovules des gymnospermes sont posés sur le carpelle" *. Puis il relie le carpelle au pistil.

Nous pouvons trouver plusieurs imprécisions et informations erronées dans cette définition.

Pour illustrer notre propos, citons la définition de ce même carpelle proposée par le Dictionnaire illustré de Botanique **.

"Pièce florale à fonction féminine dérivant par modification d’une feuille et formée de l’ovaire contenant les ovules, du style et du stigmate".

Nous en déduisons que le carpelle est constitué de trois parties, plus ou moins développées, citées dans cette définition. Tout d’abord, l’ovaire qui va, entre autre, contenir les ovules et qui à maturité, ou lorsque l’ovule sera fécondé, donnera le fruit.

Nous pouvons, donc, déjà faire remarquer, par rapport à l’exemple proposé par le Petit Robert que les Gymnospermes (ou conifères, entre autres) possèdent bien des ovules mais ceux-ci ne se trouvent nullement protégés par un ovaire qui n’existe pas au sein des conifères. Le carpelle étant, entre autre, constitué d’un ovaire, il n’existe pas de carpelle chez les Gymnospermes.

L’ovaire est surmonté d’un style, plus ou moins visible, se terminant par le stigmate (partie sur laquelle le pollen pourra ou non germer pour introduire, à l’intérieur du style, et vers les ovules situés dans l’ovaire, les noyaux mâles servant à la fécondation des gamètes femelles). L’ensemble de l’ovaire, style et stigmate constituant le carpelle.

Seules les plantes à fleurs vraies, ou Angiospermes, possèdent des carpelles constituant une partie de la fleur. Selon les familles, une plante peut être constituée de fleurs à un seul carpelle ou plusieurs carpelles, qui peuvent être indépendants les uns des autres ou soudés entre eux. L’ensemble des carpelles représente le Gynécée ou, dans la langage courant, le pistil.

Du mot carpelle, dériveront certaines autres parties de la plante comme, par exemple, l’épicarpe, le mésocarpe ou l’endocarpe, parties présentes au niveau des fruits. Mais, là c’est une autre histoire.... A suivre.

* Le Petit Robert, édition 2013, page 358.

** Le Dictionnaire illustré de Botanique à biotope Editions, Alain Jouy & Bruno de Foucault.

Fleur d’althéa avec son pistil central
Au cœur de la fleur d’althéa, le pistil : l’ensemble des carpelles, la partie femelle qui deviendra le fruit. (Photo Manuel Ferreira.)
Fleur de pavot d’Orient montrant le pistil central
Le pistil du pavot d’Orient : ses nombreux carpelles soudés formeront la capsule remplie de graines. (Photo Manuel Ferreira.)

Pour aller plus loin.

La définition dit que le carpelle « dérive par modification d’une feuille ». Cette phrase mérite qu’on s’y arrête, car elle est spectaculaire : la pièce qui enferme les ovules, et qui deviendra le fruit, est une feuille repliée sur elle-même et soudée par ses bords. C’est l’acte fondateur des plantes à fleurs - le mot angiosperme signifie littéralement « graine dans un récipient ».

La démonstration est dans une cosse de petit pois. Elle s’ouvre par deux fentes, l’une correspondant à la nervure principale de la feuille d’origine, l’autre à la ligne de soudure de ses deux bords - et les pois sont alignés le long de cette seconde ligne, exactement là où se trouveraient les marges du limbe. Une gousse est une feuille pliée en deux dans le sens de la longueur, dont les ovules occupent l’ourlet (voir Fruit).

Le nombre de carpelles, enfin, se compte à table. Coupez une tomate en travers : les loges séparées par des cloisons sont autant de carpelles soudés. Une orange : chaque quartier est un carpelle. Un kiwi : les rayons blancs les délimitent. Et l’exemple le plus élégant reste la pomme, qu’il faut couper en travers, à l’équateur, et non de haut en bas : les pépins y dessinent une étoile à cinq branches parfaitement régulière. Cinq loges, cinq carpelles - c’est le plan de la fleur de pommier, à cinq pétales, qui reste inscrit dans le fruit longtemps après que les pétales sont tombés.

À voir aussi

Une erreur ou une précision à apporter ?

Aidez-nous à affiner cette fiche.

Signaler une erreur